Mes points de vue et mes images du monde. Billets de bonne et mauvaise humeur. Avis sur la course du monde, d'une militante, écologiste, féministe, bobo-gauchiste. Réfractaires à l'ironie et au second degré, prière de s'abstenir.
Bon, on ne va pas s'étendre sur l'actualité. Enfin, si, un peu, par la bande, parce que ce sont certaines réactions sur les fils infos à propos de la con-di-tion-nelle (c'est important de le rappeler, ça veut dire: "Un pas de travers et c'est retour en taule sans passer par la case banque") de Qui-vous-savez qui m'ont fait tiquer.
Outre les débordements langagiers, "Qu'on la pende par les couilles", effet meute et boule de neige qui, je suis au regret de le dire, me font aussi peur que l'atrocité des actes commis par Celle-dont-je-ne-prononcerai-pas-le-nom -On commence en gueulant, on finit par bouffer la coeur de la princesse de Lamballe sous les fenêtres de Marie-Antoinette. Outre donc ces accès de colère, de fureur qui font qu'une foule dépècerait avec joie tout qui émettrait la moindre objection devant son comportement - là, avec ce que j'écris, je vous jure que me mets mes couilles en danger, et je suggère qu'on cuisine mon foie avec des fèves et du chianti. Outre, j'y arriverai, cette soif de sang, cette faim de tripes à la mode de "quand?", il y a les messages à caractère politique. Les appels à ne pas voter. Ou à faire attention pour qui on va voter (si possible, bien en faveur des régimes d'exceptions, bien dans le tout sécuritaire-identitaire-foutez-moi-tout-ça-dehors, bien dans le populisme qui vous prend pour des cons). Parce qu'il faut absolument changer les fonctionnement de la justice!
STOOOOOP! Vous avez dit: voter le 14 octobre pour changer le fonctionnement de la justice? Pardon, je crois que ça ne va pas être possible. Non, ce n'est pas une question de volonté, non "Yapaka": il y a un truc dans ce pays qui fait qu'un conseiller communal ne réforme pas la justice: on appelle ça les niveaux de pouvoir. Et chez nous, il y en a assez pour qu'un chat y perde ses jeunes. Ou qu'un peuple bien énervé ne se souvienne plus des enjeux, euh, en jeu...
Donc, messieurs, mesdames, le 14 octobre, ce sont les échelons de proximité qui seront au centre des préoccupations. Rien à voir avec la justice. La justice, c'est le fédéral, c'est donc en 2014, avec un tir groupé régions, fédéral, Europe. Le 14 octobre, on vote pour la Commune et la Province. Donc, je vous le dis tout net, commencer à me hurler dessus dans la rue à propos de la justice pourrie, essayer de me faire prendre position, ça ne servira à rien. A part vous dire que je comprends votre émotion, mais que la forme qu'elle prend me donne envie de m'enfermer chez moi, je ne peux rien faire. Parce que je suis candidate aux élections communales.
Et donc, un conseiller, une conseillère, communal(e), ça s'occupe des petites et des grandes choses du quotidien. De l'enseignement, de la prévention en matière de santé, des logements publics, des cantines, des homes, de l'état des routes, de l'entretien des parcs et des plaines de jeu, de faire définitivement abandonner par le service des plantations l'utilisation des bégonias simples et des surfinias à rayures, du mobilier public, de l'aide aux plus démunis, des crèches, des infrastructures sportives, de la mobilité, de la culture, de..., de... Ben de tellement de choses, y compris le ramassage des poubelles et la dératisation que le conseiller communal (qui n'est pas un(e) professionnel(le) de la chose, non, non, il ou elle bosse ailleurs, a une vie privée, une famille, des amis, tout ça), tout occupé qu'il ou elle est à surveiller le travail du Collège et de l'administration communale, n'a vraiment pas le temps de réformer la justice.
Pour ça, il y a des député(e)s et des sénateurs-trices. Et tenez-vous bien: ce qu'ils font est tellement prenant que, eux, elles, n'ont pas de boulot alimentaire à côté. Non, ils sont payés pour ça, ils prennent à bras le corps le fonctionnement de toute la société, ils contrôlent le travail du gouvernement. Et ça en fait des choses à contrôler! Et ça en fait des propositions de lois et des questions en commissions! Et c'est leur taf, entre autre, de voir ce que fait le ministère de la Justice... Or, les députés fédéraux seront élus en 2014, pas cette année.
Bref: le 14 octobre, c'est pour la gestion au quotidien de votre ville, de votre village que vous voterez. Pour un projet qui vous convient, qui vous donne envie de vivre là où vous habitez. Pour des infrastructures, pour de la mobilité, pour de la participation, pour plein de choses. Mais, s'il vous plaît, souvenez-vous, quand vous nous interpelez, que nous sommes pour la plupart, candidats communaux ou provinciaux, des militants de base qui nous présentons devant vous avec des idées pour améliorer le quotidien. Que nous ne pouvons pas, que nous ne pourrons pas réformer le justice, dans quelque sens que ce soit, à l'échelon auquel nous aspirons.
Virginie Godet (N°13, n'aime pas les bégonias simples et les surfinias à rayures)