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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 12:32

Depuis le début de la campagne, les candidats doivent se soumettre, peu ou prou, à ce genre d'exercice qui tient de la torture: se définir en deux, trois, quatre mots. Mon dieu - ou toute autre transcendance de la proche banlieue- que c'est difficile, que c'est réducteur!  Toute la complexité d'un être humain, ses forces, ses faiblesses et ses paradoxes en deux, trois, quatre mots. Rien que l'idée me plonge dans des abîmes de perplexité.

 

Enfin, c'est la loi du genre, et voilà que j'en arrive à ne me définir que par trois vilains défauts: je suis une emmerdeuse, je suis curieuse, et je suis gourmande. La gourmandise, rien de moins qu'un des 7 péchés capitaux. Et, en effet, c'est une chose qui est pour moi capitale. A choisir, si pour avancer on a droit à la carotte ou au bâton, je préfère la carotte. Eros plutôt que Thanatos. Le plaisir c'est un truc sain, ça devrait arriver à tout le monde.

 

Or, les plaisirs de la table, en théorie, ne sont pas forcément les plus dispendieux, ben non. En fait, rien ne me déprime plus que ces assiettes artistiquement décorées d'émulsions diverses, au milieu desquelles trônent des montages improbables. Tout comme les vitrines de pâtisseries où tout est trop beau pour être honnête. Tout ça est fort joli, mais ne vaut pas pour moi une bonne écrasée de pommes de terre, avec la ploutche de beurre salé qui fond dessus. Une tomate du jardin avec juste un filet d'huile d'olive. Comble du luxe: un carré de chocolat bien noir avec un verre de Banyuls (à peu près le seul vin sucré qui me plaise vraiment).

 

Fort bien, direz-vous, mais y a-t-il là-dedans un quelconque lien avec ton engagement? Eh bien oui. Parce que l'écologie peut aussi vous venir par la gourmandise. Parce que vouloir du bon et du varié dans son assiette peut vous mener à réfléchir aux conditions de production, aux méthodes de production, au maintien de la variété des semences qui seront utilisées chez le cultivateur, dans votre jardin, ou même sur le balcon. Et parce que le plaisir est encore meilleur quand il est partagé, cela peut mener à se questionner sur les façons de donner accès à ces produits à ceux qui n'en ont pas les moyens. En les introduisant dans les cantines scolaires, en facilitant l'organisation de potagers collectifs, de groupes d'achats communs, en résistant aux directives qui vont nuire à la biodiversité,uniformiser les goûts, standardiser les saveurs.

 

Donc, la gourmandise mène à la curiosité, qui est un vilain défaut. Et en étant curieux, on apprend plein de choses qui peuvent vous donner envie de vous engager. Et quand on est engagé, et un brin têtu (ah oui, tiens, j'avais oublié dans mes définitions mon ascendant bourrique du Condroz) on passe vite pour un emmerdeur, une emmerdeuse. Tout se tient. La gourmandise est donc un péché... Capital!

 

 

Virginie Godet (épicurienne qui ne compte pas se soigner)

 

PS: Ce billet m'a été inspiré par la lecture jouissive de ce blog: http://lapinardotheque.tumblr.com/

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commentaires

P
Ma chère Virginie, avec un joyeux morceau de chocolat, je te conseille un verre de Maury, vintage du Mas Amiel... Un vrai péché "capiteux". Et bonne chance pour te définir en 4 mots. J'ai le même
exercice à faire, du Grand Art!
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J
Curieuse, gourmande, emmerdeuse et épicurienne... je ne vois là ni défaut ni maladie... enfin, quelqu'un de normal!
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