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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 15:48

Alors là, mes chéris, mes agneaux, si vous ne voulez aaaaa-bso-lu-ment pas que je lise un article que vous partagez, c'est l'intro qu'il vous faut mettre. Enfin, ça, ou insérer en commentaire un lien tout cru, tout nu, tout seul. Même si ça m'est déjà arrivé de le faire, j'essaie le plus souvent d'éviter. Nan mais, franchement, ça ne donne pas envie.

Je sais pas, moi, foulez-vous un peu. Introduisez un minimum le brol. Ne serait-ce qu'un simple "je pense que ceci peut apporter des informations intéressantes". Le genre de truc qui sonnerait nettement moins "ta gueule, ignare", non? Non?

Après tout, on peut ne pas être d'accord. On peut apporter du grain à moudre au moulin du débat. Voir même, on peut convaincre un contradicteur. MAIS, est-ce bien utile de le mépriser d'entrée? Est-ce bien productif comme façon de faire? Je ne le pense pas.

Or donc, comme je le disais plus haut, introduire un partage par "à méditer", on a difficilement idée à quel point ça me braque - et je ne pense pas être la seule. Idéalement, ce serait même super bien de donner son point de vue sur l'article, la vidéo qu'on partage, même pour marquer son plein accord. Dire un peu de quoi ça parle, exprimer ses doutes, ses désaccords, ce qui nous a fait réagir, ce en quoi on considère que cela peut être instructif. Voire même en rire ou ironiser (sur le fond du texte, pas à propos des contradicteurs, je vous vois venir, bande de moules!), c'est pas un soucis... Mais bon sang de bonsoir, les gens, donnez un peu envie d'ouvrir ce que vous partagez!

Qui sait, ça peut même contribuer à, si pas dépassionner, au moins apaiser les débats... Dans lesquels, ces derniers temps, j'ai de plus en plus de mal à intervenir. Pas que je n'ai ni idée, ni avis, ni argument... Juste pas trop envie de tâter de l'agressivité ambiante. La petite haine qui monte, qui monte, qui monte...

Virginie Godet (méditative, si je veux!)

21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 12:47

Très, très chère Benoîte.
La nouvelle de votre mort m'emplit d'une tristesse à laquelle je ne m'attendais pas. Sans doute parce que je perds en vous un modèle, une très grande sœur, un membre de ma « famille d'âme ».

Depuis mes 15 ans, je vous porte dans mon cœur. J'avais alors lu « Les trois-quarts du temps », récit de la transformation d'une chrysalide gauche et forte en thème en un papillon libre de sa propre vie et de son propre corps. Libre de penser, d'écrire, d'aimer hors des carcans imposés par son éducation. Libre d'être elle-même et plus ce que ses parents, son milieu, les terribles pressions de sa mère pour en faire « quelqu'un » selon ses désirs, voulaient qu'elle soit.

Ce n'est que plus tard que j'ai appris que ce récit qui me parlait tant était celui de votre vie.

Puis il y eut Ainsi soit-elle , Le Féminin pluriel, Les Vaisseaux du cœur, Pauline Roland, ou comment la liberté vint aux femmes et le reste. Plonger avec délice dans ces pages toutes pleines de cet esprit lucide, caustique. Car il vous importait de toujours rire. Ricaner, vitupérer, râler de bon cœur. Un bon sale rire qui exorcise les malheurs des femmes de tout temps et en tout lieu. Rire pour ne pas pleurer. Rire parce que c'est résister.

Ah si vous saviez à quel point votre rire, votre plume légère et acide m'ont aidée à me construire. Comme votre joie de vivre m'a aidée à me sentir moins impuissante. Comme le récit de votre lent parcours vers vous-même, Benoîte, et plus Zazate-de-la-rue-Vaneau, m'a donné la patience et le courage de me chercher (tout en n'y arrivant pas toujours, mais baste ! Les femmes vivent vieilles dans ma famille, j'en ai encore pour au moins 45 ans à pouvoir tâtonner).

Mais il ne s'agissait pas que de se trouver soi-même. Encore fallait-il accompagner d'autres sur ce difficile chemin. Encore fallait-il combattre pour que les conditions soient remplies pour que toutes puissent prendre ce chemin. Là encore, c'est de façon si enlevée, si pleine de panache et de joyeuse intelligence. Cette ironie mordante qui vous allait si bien. Plutôt que quémander, mettre en lumière tout le ridicule de la situation, son illogisme, son injustice.

Chère, très chère Benoîte, de tout cela et plus encore, je voudrais vous remercier.

Pour les livres, pour les combats, pour les rires et pour le courage.

J'aimerais tant vous ressembler quand je serai grande...


Virginie Godet (triste comme si elle avait perdu une tante à la mode de Bretagne)

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 14:07

J'ai bien écrit oppresse, pas opprime.

Penser par soi-même, faire ses propres choix, parfois hors des limites rassurantes d'une normalité dont on ne sait toujours pas qui en décide.Aller vers l'Autre, vers le différent, concevoir que cette altérité n'est pas forcément une menace. Aller au-delà de ses préjugés et de son éducation, de ses pré-conçus.

Tout ceci est difficile. Et cette réflexion est en moi de plus en plus présente, prégnante, en regard de ce qui se passe dans notre vieille Europe, soi-disant phare des libertés. La Pologne, la Hongrie, le Danemark.
Peut-être l'Autriche (à l'heure où j'écris, les résultats finaux ne sont pas encore tombés ; mais il n'empêche que 50/50, c'est trop... Pour moi c'est trop, et je vois tant de gens qui ont l'air de s'en réjouir).

J’essaye de comprendre. Je tâtonne, je lis, je discute. Qu'est-ce qui fait que des populations se jettent dans les bras de groupes politiques qui leur offrent du prêt-à-penser, du prêt-à-vivre. Se laisser bercer par le ronron rassurant du totalitarisme. Pas une tête qui dépasse et les vaches seront bien gardées. Tout cela me donne le vertige, et une sacrée peur au ventre. Je me souviens du temps où je me prenais des claques parce que j'aimais trop apprendre. Je ressens encore la violence de la norme établie (Par qui ? Pourquoi?)

Le truc rassurant, c'est que je ne suis pas la seule à m'interroger. Et que des amis m'ont permis de me jeter tête première dans une expérience inédite. Parce que pour bien comprendre, il est parfois nécessaire de ressentir. De se mettre à la place de... D'entrer dans la tête, dans la peau de quelqu'un avec qui on n'est pas, on ne sera jamais d'accord.

Alors, voilà, pendant 9 heures, j'ai été une nazi. Une égérie du NSDAP. Quand tout a été fini, je me suis sentie sale, et j'ai passé des plombes à demander pardon aux gens autour de moi. J'ai été parfaitement infecte. C'était le jeu. Mais j'ai mieux compris les mécanismes à l’œuvre, et non, je n'excuse pas pour autant. Mais j'arrive à expliquer comment on en arrive là (et peut-être ce qu'il y aurait moyen de faire pour l'éviter).

Comment j'ai fait ? Par le truchement du GN (jeu de rôle grandeur nature). Un GN expérimental, dans l'univers d'un cabaret berlinois des années 1930.

Alors que dans les différents univers explorés, je joue souvent des grandes dames à tendance sacrificielle, des bonnes, des pures, des paladines qui finissent mortes de désespoir (et une fois chanteuse de bastringue dans un saloon, mais bon, très peu pour moi), j'ai demandé à être utilisée à contre-emploi. Je voulais entrer dans la peau d'une méchante. Être quelqu'un que je ne serai jamais, plutôt qu'une espèce de version exaltée de mon petit moi-même intérieur.

Je vois déjà certains de mes amis être horrifiés de ce choix. Je leur répondrai comme je l'ai fait à ma mère : « Il en faut bien pour jouer les mauvais, ce sont les rôles les plus intéressant, au théâtre et au cinéma, alors pourquoi pas en GN ? ». Qu'ils se rassurent, je n'en suis pas sortie changée. Juste un peu plus avancée en réflexion.

Comment devient-on Elisabeth Baumer, journaliste satirique d'extrême-droite et parolière ? On le comprend mieux grâce au background du personnage (son histoire que l'on reçoit à l'avance pour se préparer mentalement). Prenez une fille de famille ouvrière nombreuse dans la Bavière de la soi-disant Belle-Epoque. Parents ouvriers du textile (vous vous doutez de l'origine des patrons de l'usine), un destin tout tracé derrière les machines de la filature. Mettez-là quand même à l'école du village, où elle est remarquée par l'instituteur qui la prend sous son aile. Instituteur furieusement antisémite (mais dans la très catholique et traditionaliste Bavière, c'est pas rare).

Donc, dès sa plus tendre enfance, ce type qu'elle vénère comme un modèle lui monte le bourrichon. Il la fait entrer dans un journal, comme secrétaire. Elle devient petit à petit journaliste. Elle participe à l'effort de guerre en 14-18 comme ouvrière dans l'armement. Retourne au journal après l'armistice.

Tout ça est le cocktail idéal pour former une personne avec la rage au ventre, qui en veut à tout le monde et principalement à l'ennemi désigné par son mentor. Et voilà qu'arrive l'Homme Providentiel qui lui raconte tout ce qu'elle a envie d'entendre. Elle se donne corps et âme à sa cause en espérant qu'il voudra bien la remercier un peu. Voici le bois dont on fait les saintes et les martyres : frustration, colère et besoin de reconnaissance, le tout greffé sur une éducation bien conservatrice.

Élevée dans la Ruhr, elle serait sans doute devenue communiste. Mais voilà, elle était bavaroise. Ne jamais négliger le fond culturel sur lequel se greffent les problèmes économiques et politiques.

Et bercée de certitudes, dotée d'une foi inébranlable dans le Grand Homme, Elisabeth était toute prête à aller prêcher la bonne parole en milieu hostile : un cabaret. L'endroit où elle fait tache, mais c'est là qu'est sa mission. Le missionnaire en version Gretchen. Enfin, une Gretchen machiavélique en robe du soir.

A partir de là, tout me semblait clair, et je savais quels leviers actionner pour faire tomber les autres dans mon escarcelle : appât du gain, volonté de pouvoir, besoin de reconnaissance, lâcheté, besoin de sécurité. Tout ce qui avait fait basculer Lizie valait pour faire basculer les autres. La rassurante pensée d'un monde où tout est prévu, où aucune place n'est laissée pour le doute, on pense pour vous, on vous dicte quoi faire, quoi dire, comment vivre, plus besoin de faire de choix, il suffit de suivre les rail. Tout ce qui dépasse sera éliminé, de toute façon. Et comme vous avez peur du bâton, et envie de la carotte. Roule, ma poule.

Voilà ce que j'en ai compris. A la base, il y a un choix. Il y a la fuite de ce qui vous oppresse, et le basculement dans ce qui opprime. Ce qui opprime ce qui vous fait peur, au début, mais vous opprimera aussi, finalement. Vous fera périr d'ennui et d'uniformité, et ce serait le moins grave. Ou mourir pour le moindre petit grain de divergence.

Alors oui, j'arrive à comprendre que des besoins qui ne sont pas rencontrés, des peurs, puissent pousser des peuples à se lover dans les anneaux d'un serpent qui susurre « aïe confiance ». Mais l'expérience, la connaissance, ne leur permettent-elles donc pas de voir, de savoir, qu'un jour où l'autre c'est sur eux-même que ces anneaux se resserreront pour les étouffer ?

Je préfère faire le choix de sauter dans le vide, malgré mes peurs, malgré cette sensation d'écrasement dans la poitrine. Sous peu, elle ne sera plus qu'un frisson. Tout plutôt qu'être broyé dans les anneaux du serpent.

Virginie Godet (concède qu'elle participe à des expériences bizarres, outrecuide jusqu'à vous suggérer d'en faire pareil)

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 15:53

Bon ben, ça y est.

On s'y attendait vaguement tout en espérant que ça n'arrive pas.

Et on se réveille le lendemain avec un genre spécial de gueule de bois. A sec.

Même en ayant été rassuré sur l'état de ses proches et de ses lointains, ça fout quand même une sacrée claque dans la gueule.

"Ils" l'ont fait. Et nous, on ramasse nos petits bouts, et on dit bien haut que l'union fait la force. C'est notre devise, après tout. Mais l'union sacrée, elle ne dure même pas 24h.

C'est tellement bien belge, aussi, ce petit esprit tout riquiqui. Oh nous pouvons être grands, avec d'immenses qualités. Mais nous restons un pays provincial, un pays de clochers et de rideaux bien propres et de haies bien taillées. Pas parce qu'on aime ça, mais parce que ça fera enrager le voisin. Pas parce qu'on en a envie, mais qu'est-ce la belle-fille du boucher va en penser?

A peine 24h, et les cancans et les petites vilenies reprenaient de plus belle. Toutes les Madame Termol au balcon (où sommeillent encore tous les surfinias les plus moches du catalogue) à commenter l'actualité. Et vas-y que ça cause d'intégration et de renvoyer les pas intégrés chez eux...

Et là, j'ai envie de demander: et moi, je vais où?

Je vais où? Je ne suis pas intégrée.

J'aime l'art, la littérature, la musique. J'aime découvrir des choses nouvelles, des gens nouveaux. Je vais aux concerts, à la bibliothèque, je regarde Arte.

Je ne suis pas intégrée.

Quand je pars en vacances, je ne vais pas en hôtel-club all inclusive, j'aime les maisons d'hôtes dans les petits villages. J'ai horreur du scrapbooking. Mes gâteaux sont bons, mais moches. Je déteste tout ce qui est trop droit et trop ordonné.

Je ne suis pas intégrée.

Je suis une lectrice compulsive, j'essaie de comprendre les choses. J'aime la complexité et je n'ai pas peur des paradoxes.

Je ne suis pas intégrée.

Je conchie les bégonias simples, les géraniums et les surfinias. Je ne considère pas qu'une victime de viol majeure l'a bien cherché. Et tout comportement sexuel impliquant des personnes consentantes ayant atteint la majorité, s'il peut me surprendre, ne provoquera jamais chez moi de jugements à la hâte.

Je ne suis pas intégrée.

Je tente de penser le complexe, de garder la tête froide malgré mes peurs, mes craintes. Je ne pense pas que la différence soit le mal incarné. J'essaie de ne pas simplifier. J'aime les insultes désuètes et les mots de plus de 7 lettres. Je considère que défendre ma culture commence par bien la connaître.

Je ne suis pas intégrée.

Je suis intimement persuadée, en effet, que l'union fait la force. Une union par-delà les différences. Une union vraie, basée sur un dénominateur commun, tout bête: nous qui vivons ici, maintenant. Nous qui souhaitons vivre en paix, en harmonie (tu trouves ça con? c'est le même tarif!), là où la liberté des uns n'empiète pas sur celle des autres, là où la sécurité n'est pas le sécuritaire. Là où, parce que je n'ai rien à me reprocher, on n'a donc pas à me ficher, à me surveiller.

Mais m'unir avec qui? Je ne suis pas intégrée, et tout qui n'est pas intégré doit retourner chez lui. Alors je dois aller où.?

Il paraît que la Belgique, tu l'aimes ou tu la quittes. Je l'aime, pourtant. Mais, comme dans un vieux couple, je l'aime en voyant tous ses défauts: son petit esprit, ses gens aigris, ce côté province si pleine de préjugés et de contrôle social, de normes ancestrales et de traditions débiles. De rideaux amidonnés et de haies plantées au cordeau.

Malgré tout cela, je l'aime. Et je pense que notre union ferait sa force. L'union contre ceux qui nous attaquent, mais aussi l'union contre nous-même. Contre tous nos défauts et notre esprit étriqué.

Que nous serions forts, dans une telle union.

Virginie Godet (oui, c'est décousu, mais vas-y, écris un peu avec la gueule de bois, fieu!)

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 15:09

Encore de longs mois sans écrire. Parce qu'il aurait fallu, sans doute, paradoxalement, à la fois le temps et la réactivité d'écrire tous les jours, alors qu'on a fort à faire.
Depuis des semaines, ça me démange. Depuis des semaines, je recule. Est-ce bien nécessaire et est-ce bien utile? Qu'est-ce que ça peut bien apporter, qu'est-ce que ça peut bien m'apporter?


Sans doute cela n'apportera-t-il rien au débat, puisque chacun campe sur ses positions, que le discours se radicalise encore et encore, sans plus aucune nuance possible, sans pouvoir garder cette ligne de conduite que j'essaie pourtant de faire mienne: ni angélisme, ni diabolisation.

Alors bon, même si cela n'apporte rien, ce que cela m'apporte à moi, c'est de sortir un bon coup ce qui me turlupine, m'enrage et m'insupporte. Ecrire comme on vomit, parce qu'il ne faut pas garder tout cela à l'intérieur, alors que cela bouillonne et vous ronge.

Depuis les événements de Cologne et les commentaires qui les ont suivis, depuis que Théo Francken a proposé de donner des cours de respect de La Fâââmme aux migrants, je me pose cette question: suis-je une aberration statistique?

Nombreuses sont les femmes qui ont subi des agressions sexuelles (et bienheureuses celles qui ont été épargnées). Verbales ou physiques, propositions déplacées suivies d'injures, attouchements plus ou moins furtifs (vive les transports en commun), tentatives de viol ou viol, carrément.

Je ne fais pas partie de ces happy few dont l'intégrité morale et physique est restée sans tache. C'est comme ça, on n'y changera plus rien.
Mais les abrutis qui ont commis à mon égard ces actes, plus ou moins graves, eux, ne correspondent pas à l'idée que s'en font beaucoup de gens.
Paaaas du tout, du tout, du tout...
Car, voyez-vous, messieurs-dames, ils étaient blancs. Blancs de chez blancs. Européens. Vraisemblablement de la souche de chez nous autres.
Dingue, non?

Serais-je donc la seule, s'il faut en croire le bon peuple des forums, et principalement le nid de pur-sangs qui squatte la page du Vif? Ou tout simplement, selon la jurisprudence du "viol amical", n'ai-je pas saisi toute la nuance de la problématique? Quand le monsieur il est blanc, il peut? Il a le droit de tâter du cheptel local?
Du coup, si je ne trouve pas ça drôle, c'est parce que je n'ai pas d'humour?
Si le contact me dérange, je suis coincée du cul?
Si je dis non, si je crie non, mes signaux ne sont pas assez explicites pour ses neurones appauvris par des générations d'endogamie?

Homme blanc peut tripoter femmes blanches, femmes blanches à lui?

N'y aurait-il pas là comme un énorme problème?

Et la réponse, au fond, ne serait-elle pas, qui que tu sois, d'où que tu viennes, si ça me dérange, tu la fermes, tu garde tes pattes dans tes poches, et tu touches la madame quand elle est d'accord?

Et ça, c'est bon à rappeler de manière globale. Un mec bien est un mec bien. Un connard est un connard. Les deux espèces sont assez équitablement répandues dans la population mondiale.

Virginie Godet (Ouf, c'est sorti...)

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 10:56

Hier, malgré un moral en berne, un mental en forme de point d'interrogation, il a bien fallu participer au colloque "Féministe toi-même!".


Je l'ai fait parce que je m'y étais engagée. Et puis parce que, parmi tant d'autres, la liberté des femmes elle aussi est menacée. Menacée par les conservatismes. Tous.


Or, des conservatismes, j'en vois principalement deux en marche, qui du premier abord s'affrontent, mais finalement, en y regardant de plus près, se nourrissent l'un de l'autre, se renforcent l'un l'autre. Des mécanismes de rejet de l'autre qui se ressemblent comme des jumeaux qu'on aurait séparés à la naissance.


Des jumeaux qui n'auraient pas reçu la même éducation, mais qui ont en eux le même fond d'ignorance, et de refus d'apprendre, de peur de ce qui est différent, de haine de ce qu'il ne peuvent comprendre, et refusent même de comprendre.

Au bout du compte, nous sommes pris en tenaille entre deux extrêmes-droites, entre deux modèles totalitaires. Entre eux, la différence, c'est le passage à l'acte. Et puis la justification de leurs motivations. L'une totalement religieuse, l'autre un peu moins (mais avec des gros morceaux de cathos rigoristes dedans, quand même).

Des gens qui ont peur de la liberté, de toutes les libertés et surtout de celle des femmes, de la culture, de la beauté...

Hier, parmi les nombreux témoignages de femmes de tous horizons, Robabeh a parlé de son départ d'Iran, il a 14 ans. Il fallait partir, quitter sa vie, quitter son art - elle enseignait l'art ancestral de tisser les tapis, ces merveilleux tapis persans, chefs-d'oeuvre d'un savoir-faire millénaire-, quitter sa maison, son jardin, son quartier, pour mettre les siens en sécurité. Partir, n'importe où. Et n'importe où, ce fut la Belgique.

Puis Robabeh a dansé. Danser, c'était interdit aux femmes depuis que Khomeyni était arrivé au pouvoir. Danser, elle ne le pouvait plus, pas plus que porter ce costume que je découvrais, que je ne connaissais pas, qui est l'habit traditionnel du nord de l'Iran. Chaste, boutonné jusqu'au cou (ma foi, comme tous ces costumes de l'Europe de l'Est qu'il me rappelait), mais chatoyant, débordant de couleurs. La tête couverte, certes, mais d'une petite toque ornée d'un voile rouge. Rouge comme la petite fleur qu'elle porte toujours dans ses cheveux si noirs.

Et j'ai pensé, c'est bête, à ces supportrices iranienne entraperçues dans les gradins de la coupe du monde de foot. Ces supportrices que j'avais trouvées d'une beauté ahurissante, cheveux noirs jais, teint de lait et des yeux, si vous vous souvenez, des yeux de chat verts, mais verts...

Et puis j'ai pensé que c'était ça qu'ils voulaient détruire. Que les jumeaux voulaient brider, chacun à sa façon, mais chacun renforçant l'autre, peut-être à son corps défendant, mais quand même. Parce que cette beauté leur est insupportable.

Parce qu'un être libre, un être qui danse, parce que la joie leur est insupportable. Parce qu'ils ne peuvent saisir le bonheur de l'autre, il leur faut l'étouffer, le briser. Faire rentrer tout le monde, chacun, chacune,dans des petites cases, dans des petites boîtes bien fermée, bien hermétiques. Pas un cheveu qui dépasse, pas une tête qui dépasse, pas un pas, pas un pet de travers.

Enfin l'ennui...
Enfin une armée de morts-vivants.
Enfin plus rien qui bouge.

Et cela, qu'on se laisse entraîner par l'un ou l'autre des jumeaux...

Alors dansons, chantons, donnons des couleurs à la vie, bloquons la tenaille...
Parce que je préfère le bordel et la vie, les cheveux qui dépassent, les boîtes pas hermétiques....

Je veux que ça rie et que ça se mélange, et qu'on soit vraiment curieux de l'autre.

Je veux faire enrager les jumeaux au point qu'ils s'en étouffent.

Virginie Godet.

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 14:47

Très cher petit étudiant, en ce moment occupé à la rédaction d'RTL-Info, toi qui vas pouvoir inclure la ponte de ce bousin dans ton rapport de stage, faut que je te cause.


Oui, je t'appelle étudiant, parce que je ne peux pas concevoir que tu sois déjà un journaliste professionnel. Ce n'est pas possible. Je refuse d'y croire.
Autant d'amalgames, de raccourcis foireux, de simplismes et d'approximations, ça ne peut venir que d'un première bac. Et qui aurait dormi au cours d'Histoire pendant toute la 5ème et toute la rhéto...

Je te rappelle que c'est à ce moment-là que les différents régimes et idéologies politiques sont vus aux cours. Je crois même que ta formation comporte un cours d'Histoire des doctrines qui doit être un peu plus élaboré que la notice Wikipédia.

Excuse-moi de te déranger pendant ta pause café, lapin, mais des dizaines, voire des centaines de sociologues, politologues, philosophes et autres personnes engagées réfléchissent chaque jour et ont flingué des milliers d'arbres pour publier des livres sur la question de l'activisme. Et le débat est loin d'être clos.

De même, qu'est-ce que la gauche, molle, dure, modérée, radicale ou extrême? Quels sont ses courants? Je t'invite à découvrir, par exemple, les livres de Christophe Bourseiller, excellent vulgarisateur, ça ne peut pas te faire de mal.

En tout cas, ça t'évitera de mettre tout le monde dans le même sac et de considérer que la résistance civile est forcément du terrorisme. Commence par Henry-David Thoreau, tiens, on le cite même dans le Cercle des Poètes Disparus.

Euh... Mais est-ce que ce film de vieux qui disent YOLO en latin n'est pas trop subversif? Le professeur John Keating n'est-il pas un activiste de gauche qui vise à déstabiliser l'organisation de l'enseignement à Welton?

Je m'égare, je m'égare, mais tant d'incultance me laisse pantoise, et j'aime bien suggérer des lectures sympas aux gens qui auraient besoin de se documenter pour faire leurs devoirs. Ne dis pas merci, disons que je te parle comme si tu étais un de mes fils.

Un de mes fils qui mérite un zéro pointé pour son interro. Manque de sérieux, manque de travail, rédaction orientée. Allez, fais un petit effort: on ne te demande pas de citer tes sources, certes, mais ce n'est pas une raison pour bâcler le travail de documentation. 90 secondes, c'est le temps qu'il faut pour lire ton billet, poussin, pas pour l'écrire.

Et c'est déjà une aberration, puisque même avec quelques semaines de Thema sur Arte, on n'arriverait pas à boucler le sujet.

Au fait, ton maître de stage, tu crois qu'il serait assez aimable pour m'expliquer la ligne éditoriale de RTL-Info? J'ai un peu de mal avec sa notion de neutralité.

Allez, bisou! Je t'assure, tu ne peux que t'améliorer. Au stade où tu en es, la marge de progression est stratosphérique.


Virginie Godet (un peu à cheval sur la complexité des choses)

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 14:00

Le zonka est une variante du yaka au même titre que le faukon. L'utilisation en est courante chez les personnes postées au balcon et regardant les autres se dépatouiller avec un problème qu'elles répugneraient à prendre à bras le corps, ce qui les obligerait à se confronter avec des réalités ne correspondant pas à leurs préjugés.

La confrontation, ça fait mal, c'est sale, et si ça se trouve elle a des poux.

Or donc, prenons le cas de la question des réfugiés.

Yaka les foutre dehors ou remettre les frontières!

Las! Voilà-t-y pas que des bénévoles se mettent à organiser une aide d'urgence pour les réfugiés, hors de toute structure préexistante?


Mais, mais, c'est dégueulasse! Zonka les prendre chez eux!


Aussi les bénévoles le font-ils, et l'accueil est désormais possible chez des habitants qui ouvrent bien grand leur porte à ces personnes qui ont bien besoin d'un toit et de chaleur humaine (surtout de chaleur humaine).

Quoi? Mais c'est immonde! Zonka s'occuper de NOS SDF!

Ah merde, une bonne partie d'entre eux est déjà engagée dans des projets sociaux? Ils aident déjà des personnes dans le besoin, d'ordinaire?

Keuwah? Et le petits noirs qui meurent de faim, zonka s'en occuper!

Pardon? Certains bénévoles parrainent déjà des enfants africains, sont donateurs, pire! travaillent dans des ONG de coopération au développement!?

Eh ben zonka, zonka! Zonka se démerder et on leur souhaite de se faire voler par leurs petits protégés, ça leur apprendra à nous croire, mais allez tenter de raisonner un âne!

Très peu cher et encore moins honoré monsieur-madame Zonka de l’ignominieuse famille de Yakafaukon, auriez-vous l'obligeance, une fois dans votre vie, de fermer votre claque-merde et d'aller vérifier vos dires? Ou tout au moins d'assumer votre volonté de n'agir en rien pour tout qui n'est pas votre voisin? (Et je ne parle pas du cadeau que doit représenter pour vous la pisse de votre yorkshire sur son seuil)

Je ne vous demanderai pas de vous rendre sur place, ni même de rencontrer des réfugiés, ça me ferait mal pour eux. Juste, juste de vérifier vos sources. Aller sur Hoaxbuster, juste ça. Quand on sait aller sur Facebook, on sait faire une recherche sur Google, j'en suis absolument certaine. Et ça vous évitera de propager des rumeurs à la con. YAKA!

Je ne vous demanderai pas de mettre la main à la pâte puisque vous semblez savoir mieux que les bénévoles comment il convient d'agir, vous pourririez tout leur boulot. Mais lâchez-leur la grappe. YAKA!

Je vous demande seulement, deux secondes, oh oui, juste deux secondes, de me laisser profiter de ce regain de foi en l'humanité que me donnent ces besognes de tâcherons qu'accomplissent ces être humains pour secourir d'autres êtres humains. Deux secondes de douceur dans votre monde de bêtes brutes.

Deux secondes de vacances.

YAKA!

Virginie Godet (Bisounours de combat)

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 16:10

Une photo. Un prénom.

Un petit d'homme parmi tant d'autres, depuis la nuit des temps.

Il s'appelle Aylan, il aurait pu porter des milliers de prénoms, arborer des milliers de visages.

Il est le sceau de notre inhumanité.

Point ne devrait être besoin d'afficher la photo de ce petit pour comprendre l'ampleur du drame. Les mots devraient suffire. Sommes-nous devenus à ce point insensibles qu'il nous faille cette claque dans la gueule?

Je recommence: êtes-vous devenus à ce point insensibles qu'il vous faille cette claque dans la gueule? Combien de temps vous faudra-t-il pour oublier?

Une photo, un prénom, nécessaires à la compréhension alors que c'est la même histoire depuis la nuit des temps.

Aujourd'hui, tout me semble hostile.

Viens là, Namour à moi, je voudrais qu'on se prenne une bière, qu'on se vautre dans le canapé, et que tu m'écoutes vitupérer et vomir ma rage. Je voudrais que tu me fasses ton sourire en coin qui me donne l'impression de dire une connerie. Je voudrais que tu me fasses ton numéro de grand cynique. Puis je sniferai ton odeur au creux de ton cou, et je me moucherai dans ton pull.

Parce qu'il y a des gens qui ont encore besoin de se prendre des claques dans la gueule. Comme si c'était nécessaire de voir pour réaliser.

Comme si ce n'était pas la même chose depuis la nuit des temps.

Comme si on avait besoin d'une photo, d'un prénom, alors que ce petit est avant tout un petit d'homme. Des milliers de visages et des milliers de prénoms.

Parce que c'est toujours la folie des humains. La même, toujours la même.
On le sait, on devrait le savoir, on devrait pouvoir, on devrait faire.

On fait quoi?


Virginie Godet (pleine de rage impuissante)

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 10:54

Ô horreur et putréfaction!

Ô stupeur et tremblements!

Ô rage, ô désespoir!

On est envahis, on est morts, c'est fini. Ils sont venus, ils sont tous là. C'est dans le journal, ils l'ont dit à la télé, c'est donc que c'est vrai.

Qu'on n'ose plus me dire que j'incarne une pensée dominante, ma pensée est minoritaire.

Je suis envahie par 70% de trouillards égoïstes atteints du syndrome de Gilles de la Tourette. Et pourtant, en vérité je vous le dis, la Belgique ne peut pas accueillir toute la misère intellectuelle du monde! Qu'on les renvoie chez eux!

Comment ça, ils sont chez eux???? Mais pardon, pardon, ils sont chez moi! Et chaque jour ils insultent ma culture, mes valeurs.

Cette culture qu'ils veulent défendre, mais pas un pour répondre quand je leur demande "au fait, c'est quoi le 15-Août"? ( Outre des réjouissances populaires, je veux dire).

Ces valeurs d'entraide et de solidarité, ces valeurs de curiosité et d'ouverture d'esprit qu'on m'a inculquées dès le berceau. Valeurs à jamais incarnées par cette phrase qui fusait, à peine franchie la porte de la maison de ma nénène, qui qu'on soit: "tu veux une jatte?"

Je finis par vomir littéralement les approximations, l'aveuglement et le refus de se renseigner un chouïa sur le fonctionnement des institutions avant de les critiquer, sous prétexte qu'on n'est pas tous intellectuellement égaux.

Quand on est capable de faire des montages photoshopesques de chatons à paillettes sur fond de roses rouges avec des messages neuneus qui scintillent, on est capable de faire une recherche sur Google.

Et puis arrêtez de me faire saigner des yeux. Je suis certaine que vous le faites exprès.

J'invoque la convention de Geneviève, c'est de la torture!

Ici, c'est chez moi. Retournez à Spy! Ou à Goyet! Ou à Spienne! Des trucs comme ça. Y'aura du silex à tailler pour tout le monde.

Et on pourra, pépère, entrez gens de bonne composition, enfin créer un monde de Bisounours.

D'ailleurs, tu veux une jatte?

Virginie Godet (Cocotte-minute)

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