Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 09:39

Voilà, ça y est: je suis candidate sur la liste Ecolo à Liège, pour les élections communales.

 

Les élections les plus proches des gens. Le niveau de pouvoir où on peut voir très vite quels sont les résultats des décisions prises. Le niveau de pouvoir où, quand les gens ne sont pas contents, ils peuvent te le dire quand tu fais tes courses, un tour en ville. Quand ils sont contents aussi. Enfin, j'espère.

 

Si vous me lisez depuis une certain temps, vous savez quels sont les sujets qui me tiennent à coeur. Un coeur bien à gauche. L'égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les discriminations, l'égalité d'accès à la culture et au sport, la qualité de vie, la solidarité entre les personnes, la construction d'une société qui met en avant co-responsabilité et interdépendance, tous responsables de chacun, chacun responsable de tous. 

 

Si c'est le premier coup d'oeil que vous jetez sur ce blog, prenez votre temps, faites comme chez vous, découvrez la femme qui se cache derrière Modèle-non-conforme. Une écologiste, une féministe, une emmerdeuse qui pose plein de questions, réfléchit tout haut et pousse sa petite ou sa grosse beuglante quand c'est nécessaire.

 

Et pour ce qui est du purement factuel:

 

Virginie Godet. 37 ans.

Historienne médiéviste de formation. Plumitive multi-tâches. Militante hyperactive.

4 hommes à la maison. Rodolphe, mon mari. Et nos 3 fils: Thibault, 13 ans. Amaury, 11 ans. Quentin, bientôt 8.

Gourmande de lecture, de bon petits plats et de bonnes bouteilles. Curieuse de plein de choses. Second degré souvent, ironique parfois et vice-versa. Une plume au vinaigre et un coeur en guimauve. Une tendre planquée sous des airs de Calamity Jane.

 

Voilà. Si le portrait vous tente, faisons plus ample connaissance. Via ce blog, sur Twitter, bientôt sur ma page Facebook. Lors d'une soirée TupperVert, si vous le souhaitez. Ou chopez-moi au vol sur la place du Marché.

 

Virginie Godet. (Plus abordable qu'elle n'en a l'air)

Par modelenonconforme
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 13:59

Je suis censée écrire un billet par semaine. Mais parfois, je lis ou j'entends des choses qui me font réagir. Et je reprends mon clavier, pour un petit ou un grand extra.

 

Aujourd'hui, le Forum de midi de la Première (radio de la RTBF) portait sur la prostitution. Terrain miné, sujet sensible. Dire ou écrire ce que l'on en pense, c'est ouvrir la boîte de Pandore, s'exposer à des critique virulentes de la part d'un grand courant, néo-abolitionniste ou réglementariste. C'est risqué, très risqué. Tant pis, je me lance.

 

Aujourd'hui, une fois de plus, j'ai entendu un dialogue de sourds. Deux idéologies qui s'affrontent, qui campent sur leurs positions, refusent d'entendre les arguments de l'autre. Des opinions en "tout blanc ou tout noir", alors que je pense qu'on n'approche la réalité que dans l'infinité des nuances de gris. Et surtout, dans ce dialogue, une voix, des voix qui manquaient cruellement: celles des principales intéressées. L'infinité des paroles des personnes prostituées. Bien entendu, ce n'est pas possible en une heure, parce que ce serait réducteur. La complexité de cette réalité n'est pas résumable.

 

Quand on considère que le but de la société, si elle en a un, est de permettre l'émancipation et l'épanouissement de chaque individu, cela me gène, et pas qu'aux entournures. Les personnes prostituées sont donc des êtres à ce point privés de raison? Elles n'ont donc pas l'expertise de leur propre vie? Leur réalité ne peut-elle être qu'univoque, et chaque voix divergente relevant forcément d'un quelconque syndrome de Stockholm? Je ne le crois pas, pas pour toutes.

 

Les filles tombées dans les réseaux existent. Les femmes prostituées par leur compagnon dans le cadre de violences entre partenaires existent. Les toxes qui taillent une pipe pour payer leur dose existent. Les femmes qui font le choix de la prostitution plus ou moins par défaut, faute de trouver un emploi digne et décent suffisamment rémunéré existent. Il y en a même qui ont fait ce choix consciemment et en sont contentes. Et il y aussi des hommes qui se prostituent, on l'oublie souvent. Autant de réalités différentes. La rue, la vitrine, le salon de "massages", le privé, les rendez-vous fixés via le net, les beaux hôtels fréquentés par les escorts: autant de pratiques différentes.

 

Les néo-abolitionnistes vous diront que pour mettre fin à tout cela, il suffit d'interdire. De mettre à terre le système prostitueur. Les réglementaristes, qu'il faut donner à ces femmes un statut social et fiscal. En fait, les deux courants ont raison en même temps . Elles ne parlent pas de la même chose, et ne se placent pas à un même niveau d'exigence: les unes se positionnent dans l'absolu, les autres dans le pragmatisme. Et chacune écoute les récits de femmes allant dans son sens.

 

Je trouve aussi que le sexe, les rapports sexuels, ne devraient s'envisager que dans le cadre de relations entre personnes adultes et consentantes, impliquant le respect du-de la- des partenaire(s). Tu en as envie, j'en ai envie, c'est parfait, allons-y. C'est le genre de résultats qu'on ne peut obtenir que par l'éducation à l'égalité entre les hommes et les femmes, et l'éducation sexuelle, et ce dès le plus jeune âge. Pas en décrétant, pas en punissant, pas en culpabilisant. C'est aussi comme cela qu'on pourra faire baisser la demande, et c'est un travail sur le long terme.

 

D'autre part, dans la situation telle qu'elle est actuellement, je pense qu'on ne peut pas laisser ces femmes dans les mains de proxénètes et des réseaux. Qu'il est plus qu'important de soutenir celles qui veulent en sortir. Et pour ce qui est des autres, dans leur infinie diversité, il faut tenir compte de leurs besoins. Fondamentalement, et la nuance est d'importance, je suis pour le droit de ne pas se prostituer. Ceci implique de se focaliser non sur la prostitution en elle-même, mais sur les raisons qui font que certaines femmes se retrouvent dans cette situation, par le truchement du conjoint proxénète, par nécessité, en faisant un choix par défaut. Ce sont des leviers socio-économiques qu'il faut actionner. Et la sécurité de toutes qu'il est nécessaire d'assurer.

 

L'émission de ce midi évoquait la prostitution de rue, les nuisances qu'elle engendre, et le "nettoyage" d'un quartier, à Bruxelles, semble-t-il à la demande des riverains. Or, c'est déplacer la problème. Oui, la prostitution de rue est la plus visible. Oui, elle engendre sans doute des nuisances, dues au comportement des clients, souvent, au comportement des riverains aussi, parfois. Mais "nettoyer" un quartier n'est pas une solution non plus. On cache le problème, c'est tout.

 

C'est aussi ce qui avait été fait à Liège lors de la fermeture des vitrines de Cathédrale-Nord. Les occupantes des vitrines sont parties, elles pratiquent en privé ou sont allées s'installer à Seraing, et la prostitution de rue subsiste. Aucun plan pour aider celles qui veulent s'en sortir, et c'est une chance que les associations sur le terrains fassent un travail important. Quant au projet Isatis, il est dans les limbes. Pas enterré, mais en attente d'une re-discussion. Ce projet, c'est mieux que rien. Un pis-aller. Il permettra aux filles pratiquant en vitrine de payer des loyers normaux, et leur assurera salubrité et sécurité des lieux. C'est déjà énorme, mais ce n'est pas grand chose.

 

Parce que les filles dans la rue, elles aussi ont des problèmes de sécurité, surtout de sécurité. Elles sont là pour des raisons aussi diverses que variées, et ont le droit de ne pas s'y trouver. Pas parce que cela entraîne des nuisances, ou que leur vue nous dérange. Mais parce qu'elles aussi ont le droit de ne pas se prostituer, de faire un autre choix, de changer de vie. De quitter leur mac, d'arrêter la came, de trouver un boulot plus "classique". Un boulot au travers duquel elle ne seront plus stigmatisées.

 

Parce qu'un des gros problèmes de ces femmes, aussi, c'est notre regard sur elles. Qui autorise certains à en parler comme si elles étaient incapables de savoir ce qu'elles veulent, ce dont elles ont besoin.

 

Virginie Godet (pas sur la tête, s'il vous plaît).

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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 10:27

 

C'est le terme consacré, vaguement méprisant, pour les filles qui ont beaucoup d'amis homos. Sous-entendant que les femmes qui se plaisent en leur compagnie ne le font que parce que les « vrais hommes » n'en veulent pas... Mouhahahahahaaaaaaaaaaa, je ris.

 

Je ris parce que, en vrai, loin des clichés, on choisit ses amis parce qu'on trouve que ce sont des gens bien. Et dans les gens bien, fréquentables, ceux avec qui on a envie de faire un bout de chemin, il y aura aussi des gays, des lesbiennes, des bi, et puis aussi des trans – que vous aurez connus Christophe ou Caroline dans vos jeunes années et que, si vous n'êtes pas myopes du coeur, vous continuerez à voir une fois devenus Sophie ou Guillaume.

 

Alors, je vais vous faire une révélation sensationnelle: les LGBT ne sont pas, comme le disait Miss Belgique, des gens plus ou moins comme les autres. Non, non, non. Ce sont des gens tout à fait comme les autres. Hé oui. Il n'y a pas que des folles et des camionneuses, même s'il y en a aussi. Pour bien des gens, ce serait, je suppose, rassurant si tous les gays, lesbiennes, bi et trans correspondaient à la caricature qu'on en fait. Mais, ce n'est pas le cas, la plupart vous ressemblent, me ressemblent, sont comme vos voisins. S'ils ne faisaient pas leur coming out, vous ne vous en rendriez même pas compte. Des gens comme tout le monde, je vous dis.

 

Alors, soyons sérieux, c'est quoi votre problème avec eux, les gens? Que votre voisin aime les garçons, l'institutrice de vos enfants aime les filles, le boulanger, les deux, et que le guichetier de la banque devienne une guichetière, en quoi ça vous dérange?

 

Dans ma ville, une ville qui se veut gay-friendly, Ihsane a été tué, battu à mort par des sauvages que son homosexualité dérangeait. Et ils se sont justifiés en disant qu'il leur avait fait des avances. C'est vrai quoi, 4 grands garçons contre un tout seul, c'est pas capable de dire: « Désolé mec, je suis hétéro ». Ils ont frappé. De la haine pure et dure, encouragée par l'effet de meute. Ce genre de chose ne devait pas arriver. Et ne doit plus jamais arriver. Alors après les plumes, les fêtes, les musiques et la joie de la Belgian Pride, ce samedi, dimanche, j'irai crier place Saint Lambert. Crier « plus jamais ça ». Crier: « Vous êtes des gens bien, je le sais, parce que je vous connais... Ceux qui vous détestent, ceux qui vous haïssent, ne vous connaissent pas ».

 

Alors, je le dis, et le redis: Mathieu, Anne-So, Jihèf, Cathy, Geoff, Arnaud, Olivier, Benoît, Catherine , André, Elise, Max, Romain, toutes et tous les autres, ils, elles et yelles: vous êtes des gens bien, et c'est pour ça que je vous aime. Toutes et tous égaux, chacun et chacune différent.

 

Et je vous dédie ce petit vers, sorti d'un long poème de Baudelaire: Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer?

 

 

Virginie Godet (fille à gens bien)

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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 10:56

Ne bat que pour les volleyeurs, c'est Vincent Delerm qui l'a dit...

 

Et pour les autres, dans le coeur des volleyeuses et des volleyeurs, n'y aurait-il que du mépris? Quand on voit la façon dont les responsables du Beach Volley de Chaudfontaine considèrent les "12 petits clubs" à pousser hors du Hall Omnisport du boulevard de la Constitution pour avoir une belle salle pour eux tous seuls, c'est à se le demander...

 

Voyez plutôt: http://www.todayinliege.be/Une-salle-de-beach-volley-indoor.html

 

Il y a déjà à Liège un manque assez criant d'infrastructures indoor au centre ville. Infrastructures publiques, je veux dire. Des salles où pratiquer des sports d'équipe ou individuels, et qui seraient accessibles facilement en transports en commun. Et là, ces messieurs-dames considèrent que, parce qu'il y a là une fosse toute prête à accueillir leur sable, on n'a qu'à virer la douzaine de pouilleux qui leur gène le passage? On est où, là? D'abord, il ne s'agit pas de 12 clubs, mais de bien plus. Une vingtaine de clubs de foot en salle, souvent issus de quartiers populaires tout proches. Du basket, du badminton, du kick-boxing, et un cercle d'escrime qui s'y entraîne 4 soirs par semaine. Des clubs qui ont occupé la salle quand une flaque énorme rendait impraticable le terrain de minifoot. Des clubs qui se sont entraînés dans le froid, quand le chauffage était en panne. Des clubs qui ont dû faire sans les douches, inutilisables, et avec des toilettes dans un état lamentable.

 

Mais ça c'était avant. Depuis un peu moins d'un an, les travaux nécessaires ont été entrepris. In tempore vachement suspecto, certes, mais bon, c'est fait, on ne va pas se plaindre. Et maintenant que les usagers ont enfin le moyen de pratiquer dans des conditions acceptables, on les virerait sans sourciller, pour les beaux yeux du Beach-Volley? Et sans  solution de rechange, c'est à dire sans se voir offrir des conditions similaires à celles auxquelles ils ont enfin accès? Et il en dit quoi, l'Echevin de Sports? Monsieur Chamas, vous avez un avis? Il vous semblerait normal de sacrifier autant de personnes, autant de clubs qui permettent l'accès au sport à toutes et tous, aux exigences d'un seul club, et sur le seul argument que les Beach Days marchent bien? 

J'ose espérer que non, et je ne compte pas lâcher le morceau. Pas plus là-dessus que sur la pénurie de piscines publiques. Parce qu'une population en bonne santé, c'est une population qui mange bien, bon, et qui bouge dans les mesures de ses possibilités et de ses moyens. C'est une question de qualité de vie, avant tout.

 

Virginie Godet 

Par modelenonconforme - Publié dans : Points de vue
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 20:35

Oui, comme tout le monde ou, en tout cas, comme beaucoup, je regarde #LeDébat.

Comme les petites bobonnes à cheveux mauves de mon enfance, comme la mère de Jean-Claude Tergal, je suis planquée derrière les rideaux, et je regarde ce qui se passe chez les voisins. J'observe mes voisins se choisir un chef d'Etat. Je suis curieuse des futures conditions de vie de mes amis de là-bas, inquiète, aussi. Inquiète, surtout? Maintenant, oui. Mais même avant d'y avoir des amis, je m'intéressais à la politique française.  

 

Je me rappelle, j'avais 6 ans, mes parents m'ont laissé veiller pour regarder les résultats de l'élection présidentielle. Mais déjà avant, sans connaître sa couleur, qui au bout du compte n'est pas la mienne, je rêvais que, quand je serais grande, je ferais Simone Veil. Parce qu'à la maison, on en parlait. A la limite, on en parlait plus que de la politique belge. Qu'est-ce qu'on y trouvait de mieux? Qu'est-ce qu'il y avait d'autre? Pourquoi plus ces voisins-là que les Néerlandais ou les Allemands?

Est-ce parce que, c'est un fait historique, nous avons été momentanément français (une grosse vingtaine d'années)? Est-ce une question de langue? Des lignes plus claires dans le débat? Des personnalités plus fortes? Une culture plus développée, Outre-Quiévrain, du tacle et de la petite phrase qui fait mouche? Je l'ignore, mais c'est ainsi. Tout en étant furieusement ce que nous sommes, Belges et francophones (les Rattachistes sont une infîme minorité), nous sommes attachés, sans trop bien savoir pourquoi, même s'ils sont souvent un peu chiants, un peu condescendants, à ces voisins-là.

 

Donc, en ce moment, j'écoute. Et je suis consternée. Je tweet ma consternation et mon irritation. Nous tweetons notre désappointement. Entre un Sarkozy qui ne se remet pas en question, qui se victimise et crie au mensonge toute les 5 minutes (au moins), et un Hollande qui peine à montrer qu'il a du fond. Et je m'emmerde. Mais je m'accroche...

 

Virginie Godet (le nez derrière les rideaux)

Par modelenonconforme - Publié dans : Images du monde
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